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Birds of Acid or What I am looking for does not exist

Prix habituel €900,00 EUR
Prix habituel Prix soldé €900,00 EUR
Taxes incluses.

Auteur : Didier Mutel
Didier Mutel, 2021. Edition limitée, 51 exemplaires numérotés et signés.
Portfolio, sérigraphies peintes à la main par Didier Mutel.
format : double elephant folio (66 x 96 cm) = format français : Colombier (62 x 93cm).

Réinterprétation du très fameux ouvrage de John J. Audubon : «Les oiseaux d’Amérique», «Birds of America». Ce travail montre des dinosaures, chacun portant le nom d'un artiste, chacun membre d'un pantheon imaginaire, comme  cela fut déjà le cas dans La pierre de Rosette et l'atlas des Unités Sates of Acid.

vendu individuellement : 1000$ ou 900euros

Ou le jeu complet de 17 planches : titre, 6 pages de text (ce que je cherche n'existe pas) (What I am looking for does not exist), 10 sérigraphies peintes à la main en couleur par Didier Mutel.

prix de l'ensemble : 8500$ or 7500euros



Author : Didier Mutel
Didier Mutel, 2021. Limited edition, 50 numbered and signed copies.
Portfolio, serigraph hand painted by Didier Mutel.
Size : double elephant folio (66 x 96 cm) = French Colombier sheet (62 x 93cm).

The prints interpret the Audubon's Birds of America. They depict dinosaurs, each named for an artist, each of them a member of the pantheon of engravers. Such as in the Rosetta Stone and in the Atlas of the United States of Acid.

sold individually : 1000$ or 900euros

OR complete set of 17 prints : Title page, 6 pages of text (What I am looking for does not exist), 10 extremely colorful prints done in serigraphy and colored by hand. 

Price for the whole set : 8500$ or 7500euros

 

Les "Birds of Acid" est le nouveau projet de l’Atelier Didier Mutel, une réinterprétation du très fameux ouvrage de John J. Audubon : «Les oiseaux d’Amérique», «Birds of America», publié à Londres de 1827 à 1838. Il s’agit d’un ouvrage mythique, d’un monument de l’histoire de l’édition et de l’impression.

La taille du papier utilisé par Didier Mutel est sensiblement la même que celle de l’édition d’Audubon. Double Elephant folio (66 x 96 cm) devenant format Colombier (62 x 92cm), les formats et les dénominations différant sensiblement entre l’Angleterre/USA et la France.

La page de titre est une interprétation spectaculaire de l’original.
Elle se détache graphiquement de la typographie anglaise et modifie
également la rédaction de cet Incipit.
"Birds of America" deviennnent "Birds of Acid", l’Acide étant le synonyme
de la gravure, l’outil et l’identité de l’atelier, plus largement la métaphore
de la création artistique. Cette métamorphose s’est déjà opérée dans
l’Atlas of the United States of Acid.
Noter également que Didier Mutel affirme appartenir aux sociétés royales de Londres ou d’Edimbourg, tout comme Audubon qui annonçait fièrement cette distinction. Mais il s'agit en fait d'une erreur de compréhension de la langue anglaise de la part d Didier Mutel au moment de la rédaction de la page de titre! 

Didier Mutel s’identifie à un artiste, un graveur, un géographe
et se présente comme le fondateur de la société fictive «Acid Air Lines», avec comme slogan commercial «A better flight for a better life».

Cette page de titre est une déclaration d’intention, un manifeste, annonçant la tonalité et la structure de ce projet :  inspiration directe d’un ouvrage historique et artistique puis transposition en un spectacle coloré, joyeux, aussi impertinent que respectueux de la source référentielle citée. Un voyage, une expérience esthétique qui rend hommage à ses prédécesseurs, un voyage qui interroge les représentations et les ré-interprétations des ouvrages existants.

Si l’on regarde les créations antérieures de Didier Mutel, les oiseaux ont toujours été d’une grande importance. Lors de son diplôme de fin d’études à l’école Estienne en 1991, Oiseaux était le titre de la thématique abordée, traitée par un portfolio de «40 croquis d’oiseaux gravés», puis d’une série de 12 grandes gravures intitulées «Oiseaux» et une interprétation de «Oiseaux» de Saint John Perse, une série de 13 poèmes écrits d’après les Oiseaux de Georges Braques. Plus tard il publia « Thirteen ways of looking at a blackbird» (1997) de Wallace Stevens. Depuis trente ans, les oiseaux accompagnent Didier Mutel.

Les oiseaux peuvent voler, aller et relier la terre au ciel ; les oiseaux sont le lien métaphorique entre ce grand voyage et la libération de l’attraction terrestre. Didier Mutel fait un parallèle entre cette aptitude des oiseaux et la fonction des artistes et des livres d’artistes. Le ciel est «le lieu merveilleux», le ciel est «une liberté» en opposition à la Terre, lieu de contraintes. Le ciel est l’image du voyage idéal.
A noter que la compagnie créée par Didier Mutel est une compagnie aérienne.

La page de titre imprimée en noir, suivie d'un texte intitulé en français et en anglais sur 6 pages :  "Ce que je cherche n'existe pas". Ce texte est un hommage aux artistes et à la création, un voyage dans le temps, ce qui nous lie aux artistes du passé, aux générations futures. Il inaugure les planches en couleur qui suivent. Couleurs vives, nettes, joyeuses, fluorescentes. Les  estampes représentent des dinosaures, chacun portant le nom d’un artiste, tous formant un panthéon de créateurs. Didier Mutel avait déjà fait référence à ces grands artistes dans «My Way II» en 2013, dans sa «Pierre de Rosette».

En 2015 et dans son «Atlas of the United Sates of Acid» en 2018. La citation d’artistes était déjà une affirmation, hommage et mise en perspective de la création artistique.
Les graveurs cités sont Antonio Pollaiuolo, Charles Meryon, Jacques Callot, Edouard Manet, et Rembrandt van Rijn, Vija Celmins, Louise Bourgeois, Christiane Baumgartner, Käthe Kollwitz, Kiki Smith.

Didier Mutel souhaite publier ce travail comme Audubon l’avait fait : sous forme de livraisons , chaque livraison contenant entre 5 et 10 estampes. Fantaisie, liberté, couleurs vives caractérisent ces Oiseaux/dinosaures/artistes qui sont les acteurs de ces grandes pages ouvertes et vivantes.
Par ailleurs, établissant une liaison directe entre les dinosaures et les graveurs, Didier Mutel répond graphiquement à des remarques souvent entendues. Ce travail se veut être une réinterprétation contemporaine dynamique des Oiseaux d’Audubon.

Première livraison, novembre 2019

Deuxième livraison, automne 2021

17 sérigraphies originales  : 10 images coloriées à la main par Didier Mutel sur papier Rives 270 grammes. Format 62 X 92 cm. 7 pages de texte, avec le titre : Birds of Acid suivi du texte "Ce que je cherhce n'existe pas. " "What I am looking for does not exist".  Texte en agnlais et en français.

Edition limitée à 50 exemplaires
50 exemplaires courants numérotés de 1 à 50 et un exemplaire de tête comprenant des variations chromatiques des estampes.



The Birds of Acid, the newest project from Atelier Didier Mutel, is a response to John J. Audubon’s extraordinary Birds of America. In this work Didier Mutel reinterprets, in his own way, this monument in the history of engraving and printmaking.

The sheet size for The Birds of Acid is approximately the same as Audubon’s original:double elephant folio (66 x 96 cm) is closest to the French Colombier sheet (62 x 93cm), paper formats differing slightly between France and England / America. Proud affirmation of membership in the Royal Society of London and Edinburgh, and others, Mutel, perhaps jealously, but honestly, adds a hopeful honorific for himself. Finally, Mutel identifies himself as an engraver, artist and geographer, but also as the founder of Acid Air Lines, a fictional carrier, whose motto is: A better flight for a better life.But the title page also functions as an declaration of intentions, emphasizing an important structural element of this epic project: a direct rapport with an historically significant creation, but also a joyfully impertinent displacement of the original, an esthetic spectacle which celebrates its predecessor while also interrogating the function of mimetic representation.

If we look at Mutel’s work retrospectively, birds have always been important to the artist.When he received his first diploma in 1991, his final presentation, a portfolio of 40 engraved sketches, and a series of 12 large etchings, as well as his second artist book was Oiseaux, poems by Saint John Perse (1991). Later on he published a version of Wallace Stevens’s “thirteen way of looking at a blackbird” (1997). Thus, oiseaux—or Birds— have been a frequent presence in his work for nearly 30 years.

The title page is a spectacular pastiche of the original, in which Mutel has altered a few words: America becomes Acid—acid being the key engraving tool of the Atelier Didier Mutel, but broadly conceived as the metaphor for creation.

Also notable, in response to Audubon’s Livraison no. 1 & n°2 : the title page and a text by Didier Mutel, in french (3 pages) and in english (3 pages), printed in black, inaugurates a series of 10 extremely colorful prints, and provides a strong contrast to the brightly fluorescents plates which follow.

The ten first prints depict dinosaurs,* each named for an artist, each of them a member of the pantheon of engravers. Mutel has previously referred to many of these artists in earlier productions such as his Rosetta Stone (2015), My Way II (2013), and also in his Atlas of the Vnited States of Acid (2018), and Mutel’s work has consistently maintained a strong relationship with other artists.

The engravers represented are: Antonio Pollaiuolo, Charles Meryon, Jacques Callot, Edouard Manet, Rembradnt van Rijn, Vija Celmins, Louise Bourgeois, Kiki Smith, Käthe Kollwitz and Christiane Baumgartner. Didier Mutel will publish this new series in livraisons or fascicules, just as Audubon did, with 2 sets of 5 plates each annually. Fantasy, liberty, and vivid color characterize these dinosaurs/birds/artists as free living-dynamic actors on a large open page. By associating artist-engravers with these extinct creatures, Mutel makes a literal and graphic response to the frequently encountered suggestion that engravers are the dinosaurs of the art world. Future five-plate sets will complete the initial part of this project, making dynamic contemporary reinterpretation of the Birds of America.

The edition: 10 hand-colored serigraphs on Rives 270 gram (livraison no. 1&2 comprise title plate in black, + 6 text pages in black + 10 hand-colored plates).

Limited edition of 51 copies: 50 regular copies and one deluxe copy with unique chromatic variations

*The present scientific consensus is that birds are a group of theropod dinosaurs that originated during theMesozoic Era.

 

 

Ce que je cherche n’existe pas,

pourtant je sais où cela se trouve,

d’autres ont parfaitement montré,

dit, expliqué cette géographie

indispensable au battement

régulier du coeur des hommes.

Les artistes l’ont représentée :

il s’agit de l’espace qui sépare

les index de Dieu et d’Adam

sur le plafond de la chapelle Sixtine.

Il s’agit de l’extrémité des doigts

du Christ qui ne peuvent

pas toucher le bord supérieur

du retable d’Issenheim.

Il s’agit du triangle vide

et du silence des doigts

de la dentellière de Vermeer.

Ce lieu précis décrit et façonne

la redéfinition constante

d’un monde, d’une voix, d’une émotion.

De cet espace et de ce silence

naît quelque chose que l’on pourrait appeler

amitié, estime, entraide, séduction.

Cet espace loin d’être anecdotique

est un hymne à l’infini des possibles.

C’est une terre d’aventure hors normes,

un voyage merveilleux et insensé.

La couleur d’une peinture,

le geste d’un pinceau, la douceur d’une note,

la caresse d’une main,

Rembrandt, Dürer, Mantegna…

ces être fantastiques, ancrés dans le réel,

nous hantent et reviennent

sans cesse à notre mémoire.

Ces personnages sont finalement

les épisodes les plus banals

de cette géographie à part qu’est la création.

De cette quête naît d’infimes vibrations

souterraines qui émanent des êtres, des lieux,

de la nature, de la nourriture, des animaux :

ces éléments qui disent de ce monde

ce que nous voulons en partager.

Nous sommes liés et nous avançons ensemble,

rêveurs, poètes, utopistes.

Ce que je cherche n’existe pas,

pourtant je sais très exactement

où cela se trouve, ce que c’est.

Géographiquement, si cet espace semble vide,

il donne du sens à nos vies,

à nos rêves, à nos espoirs.

Ici, ailleurs, hier, aujourd’hui, demain,

cet espace de quelques centimètres carrés

est l’espace vide le plus signifiant

de l’histoire humaine. Et c’est là, devant nous,

à quelques centimètres, à quelques mètres.

Ce lieu est décrit par les artistes précisément,

méticuleusement, avec délicatesse et sensibilité.

Un espace fragile, silencieux,

qui dit l’espoir, la concentration, la retenue,

la quête d’un idéal, d’une personne, d’un objet.

Cet espace résonne, apaise, réunit.

Il nous montre l’impossible, l’inaccessible,

l’origine et aussi l’accomplissement.

Il y a la main, les doigts, l’outil merveilleux

qui va donner la forme, l’outil qui a été un signe,

un symbole, qui crée, qui se plie, qui appuie,

qui presse, qui sent et transmet.

Les articulations, les phalanges.

Ce lien restitue les images qui sont en nous :

cet outil raconte, parle à nos vies.

Il s’agit d’un espace, d’un interstice,

d’une respiration, d’un souffle.

Le contact n’est pas toujours clair,

pas définitif, il est cet espace

qui est aussi bien la rencontre que l’inconnu.

Il s’agit peut-être bien de la même chose,

du même évènement et du même acte.

Celui de partager autant que d’accepter,

d’attendre, d’écouter.

Cet espace n’est pas celui de la conquête,

encore moins celui de la violence,

il est celui de l’écoute, de l’apprentissage,

de l’inconnu, du possible.

Imaginer ailleurs,

avoir confiance.

Un grand voyage sur une surface minuscule.

Et l’admiration tendre, infaillible, merveilleuse

que l’on peut avoir envers

la générosité des êtres qui ont matérialisé

cet espace infini qui nous accueille.

Ce sont des mains qui travaillent

dans un silence baigné de lumière,

des mains qui vont se rencontrer,

des mains qui vont toucher l’extrémité

d’un autre monde.

Cet espace nous dit ce qui nous anime

et «ce qui rend la vie plus belle que l’art.»

Il y a deux mains, une respiration,

une pointe entre les doigts.

L’enjeu est le geste unique, la précision,

l’exactitude et l’exigence.

Il n’y a pas de coup d’essai,

une forme est en équilibre ou en déséquilibre.

La pression de l’outil sur le métal,

sur le papier, la force, la vitesse.

Très peu de données à synchroniser

pour que l’architecture soit solide :

voir les formes avant qu’elles n’existent.

C’est très compliqué de faire simple.

Réduire les mots, les mouvements,

les paroles, synthétiser, agir.

Laisser de la place à l’inattendu,

tout en contrôlant cette pointe,

accepter dès le commencement

la force de notre maladresse,

de ce qui nous dépasse,

de ce que nous devrons intégrer.

Être rapide, être lent, être calme, voir, sentir.

Les évènements se passent toujours

avant d’être perçus, avant d’être visibles,

quelques secondes avant, quelques jours,

quelques années. L’acte de création

est une volonté de courage et de générosité :

une interrogation suspendue.

Ce que je cherche n’existe pas, cependant,

quand bien même par miracle, par chance

ou par habileté un moment de musique

ou de couleur arriverait, alors ce moment

à l’instant de son existence aurait déjà échappé

à son créateur, un peu comme la lumière

qui nous donne l’information

d’un évènement passé.

Ce que je cherche n’existe pas,

cela vient de loin, me parcourt,

me relie à une famille qui traverse le temps,

une grande famille qui cherche, qui doute,

qui essaie, qui recommence.

L’économie des mots, l’enthousiasme des mots,

la profusion des mots, la retenue, le silence,

l’exaltation, pour donner à un objet,

à une surface, quelque chose de plus,

quelque chose de différent.

Ce que je cherche n’existe pas,

c’est un mouvement, c’est un palais imaginaire,

dans lequel chaque salle est plus merveilleuse

que la précédente. Un palais imaginaire…

ou bien un mobil home en bout de course,

une cabane délabrée posée à terre,

une petite maison qui laisse passer le froid,

cet espace est aussi bien fait de marbre

que de terre battue.

Ce lieu n’est pas une chose que l’on contrôle,

que l’on possède,

et cela vient de loin, me pénètre,

me relie à une famille qui traverse le temps,

une grande famille qui cherche, qui doute,

qui essaie, qui recommence,

ici, ailleurs, aujourd’hui, demain.

Ce que je cherche n’existe pas, pourtant

je sais très exactement où cela se trouve.

Cette géographie est connue et définie,

elle est calme, silencieuse, apaisée.

Il n’y a pas de coups de feu, pas d’arme,

pas de violence, pas de dérapage,

pas de poursuite. Le temps est suspendu,

le calme est palpable, tout se déroule

dans un espace de quelques centimètres carrés.

Aucun cri, aucun hurlement.

Un engagement, une tension, un plaisir,

un espoir : cette même exigence d’habileté

et d’ambition pour que l’acte le plus simple

porte en lui un poids d’avenir.

L’intimité et la confiance dans l’acte,

la confiance dans ce qui se passe ailleurs

dans le regard des autres

à la fois critique et bienveillant.

« Frères humains qui après nous vivez,

n’ayez les coeurs contre nous endurcis. »

Ici, ailleurs, demain, aujourd’hui,

les frontières sont abolies

dans ce murmure profond,

dans ce festin ouvert et gourmand qui,

dans une même phrase, peut mêler la truculence

et la subtile délicatesse de la retenue.

Les contrastes, les contraires, le jeu,

les représentations et avant tout

la compréhension de la matière,

la transparence du verre,

l’imperceptible ossature du papier,

la fibre invisible,

l’encre qui coule sans faire de bruit.

Ce que je cherche n’existe pas,

c’est un mouvement et une errance

sur une feuille de papier, je sais où cela se situe,

c’est un accompagnement secret

entre des intervalles musicaux,

une construction, une architecture.

Il n’y a pas de centre,

cette géographie est une grande nuit étendue

et le bleu du ciel est une illusion d’optique

sur laquelle Van Gogh a placé de la poudre d’or.

Créer une familiarité avec le dessin du ciel

et regarder les étoiles qui marchent devant nous,

la construction de cet espace que je connais

est la construction d’un univers.

Cela vient de loin, me pénètre,

me relie à une famille qui traverse le temps,

une grande famille qui cherche, qui doute,

qui essaie, qui recommence,

ici, ailleurs, aujourd’hui, demain.

What I am looking for does not exist,

yet I know where to find it,

others have perfectly shown,

said, explained this geography

vital to the steady

beat of men’s hearts.

Artists have depicted it:

it is the space that separates

the index fingers of God and Adam

on the ceiling of the Sistine chapel.

It is the tip of Christ’s fingers that cannot

touch the upper edge

of the Issenheim Altarpiece.

It is the empty triangle

and the silence of the fingers

of Vermeer’s lacemaker.

This precise place describes and shapes

the constant redefinition

of a world, a voice, an emotion.

From this space and this silence

is born something that we could call

friendship, esteem, solidarity, seduction.

This space, far from being anecdotal,

is a hymn to endless possibilities.

It is a unique land of adventure,

a wondrous and crazy journey.

The colour of a painting, the gesture

of a brush, the softness of a note of music,

the caress of a hand,

Rembrandt, Dürer, Mantegna…

these fantastic beings, grounded in reality,

haunt us and constantly

surge up again in our memory.

These characters are finally

the most banal episodes

of this special geography

that is creation.

From this quest is born minute

subterranean vibrations that emanate from beings,

places, nature, food, animals:

these elements that say of this world

what we wish to share of it.

We are linked and we move forward together,

dreamers, poets, utopians.

What I am looking for does not exist,

yet I know exactly

where to find it, what it is.

Geographically, while this space appears empty,

it instils meaning in our lives, our dreams, our hopes.

Here, elsewhere, yesterday, today, tomorrow,

this space of a few square centimetres

is the most significant empty space

in the history of the human race.

And it’s there, before us,

a few centimetres away, a few metres away.

This place is described by artists precisely,

painstakingly, with delicacy and sensitivity.

A fragile, silent space,

that speaks of hope, focus, restraint,

the quest for an ideal, a person, an object.

This space resonates, soothes, unites.

It shows us the impossible, the inaccessible,

the origin and also the accomplishment.

There is the hand, the fingers, the wonderful tool

that will give the shape, the tool that was a sign,

a symbol, that creates, that bends, that leans,

that presses, that feels and conveys.

The knuckles, the phalanges.

This link restores the images that are within us:

this tool recounts, speaks to our lives.

It is a space, a gap, a respiration, a breath.

The contact is not always clear,

not permanent, it is that space

which is both a meeting and the unknown.

Maybe they are just the same thing,

the same event and the same act.

That of sharing as well as of accepting,

waiting, listening.

This space is not that of conquest,

and even less still that of violence,

it is that of listening, learning,

of the unknown, the possible.

Imagine elsewhere,

trust.

A long journey on a tiny surface.

And the tender, unfailing,

wondrous admiration that you can feel

for the generosity of the beings

who gave concrete shape to

this infinite space that welcomes us.

They are hands that work

in a silence bathed in light,

hands that will meet,

hands that will touch the end

of another world.

This space tells us what drives us

and “what makes life more beautiful than art”.

There are two hands, a breath,

a tip between the fingers.

The challenge is the single gesture, the precision,

the accuracy and the exigency.

There is no first attempt,

a shape is either balanced or unbalanced.

The pressure of the tool on metal,

on paper, the strength, the speed.

Few data to synchronise

to ensure the architecture is solid:

see the shapes before they come to life.

It is very complicated to make it simple.

Reduce words, movements, summarise, act.

Leave room for the unexpected,

while still controlling that tip,

accept from the outset

the strength of our clumsiness,

what is beyond us,

what we should include,

what eludes us.

Be quick, be slow, be calm, see, feel.

Events always take place

before being perceived,before being visible,

a few seconds before, a few days,

a few years. The act of creation

is a will of courage and generosity:

a suspended questioning.

What I am looking for does not exist, yet,

even if by miracle,

by luck or by skill, a moment of music

or of colour were to emerge, then that moment

at the very instant of its existence

would already have escaped

from its creator, a bit like the light

that gives us the information of a past event.

What I am looking for does not exist,

it comes from afar, pierces me,

links me to a family that spans time,

a large family that searches, doubts,

that tries, that starts again.

The economy of words, the enthusiasm of words,

the abundance of words, the restraint, the silence,

the exaltation, to give an object,

a surface, a sequence,

something more, something different.

What I am looking for does not exist,

it is a movement, it is a make-believe palace

in which each room is more magnificent

than the one before. A make-believe palace…

or a mobile home at the end of the road,

a ramshackle hut laid on the ground,

a little house that can’t keep out the cold,

this space is made as much of marble

as of dirt floor.

This place is not something that you control,

that you possess,

and it comes from afar, pierces me,

links me to a family that spans time,

a large family that searches, that doubts,

that tries, that starts again,

here, elsewhere, today, tomorrow.

What I am looking for does not exist,

yet I know exactly where to find it.

This geography is known and defined,

it is calm, silent, soothing.

There are no gunshots, no weapons,

no violence, no blunders, no pursuits.

Time is suspended, the calm is palpable,

it all takes place in a space

of just a few square centimetres.

No screams, no shouts.

An involvement, a tension, a joy, a hope:

this same demand for skill and ambition

ensuring that the simplest act

bears within it the weight of the future.

The intimacy and the trust in the act,

trust in what is happening elsewhere

in the eyes of others

both critical and kind.

“Fellow human beings coming after us,

do not harden your hearts against us.”

Here, elsewhere, tomorrow, today,

the borders are dismantled

in this deep whisper,

in this open and gourmet feast which,

in the same phrase, can combine earthiness

and the subtle delicacy of restraint.

Contrasts, opposites, play,

representations and, above all,

the understanding of matter,

the transparency of glass,

the imperceptible backbone of paper,

the invisible fibre,

the ink that flows soundlessly.

What I am looking for does not exist,

it is a movement and a wandering

on a sheet of paper. I know where that is,

it is a secret accompaniment

between musical intervals,

a construction, an architecture.

There is no centre,

this geography is a vast expanse of night

and the blue of the sky is an optical illusion

on which Van Gogh placed gold dust.

Create a familiarity with the design of the sky

and watch the stars that walk before us,

the construction of this space that I know

is the construction of a universe.

It comes from afar, pierces me,

links me to a family that spans time,

a large family that searches, doubts,

that tries, that starts again.

here, elsewhere, today, tomorrow.